Armorial français de la cour d’Élisabeth I

armorial anglais 1586

 

[Armorial de la cour d’Elisabeth Ire]. Sans lieu, 1586. Petit in-4°. 630 blasons aquarellés et légendés sur 32 pp. non chiffrées [8 blasons à la première page, 26 à la seconde, 20 aux suivantes et 16 à la dernière ; le n° 144, oublié, a été ajouté par l’auteur sur un papillon contrecollé]. Demi-veau fauve, dos à 5 faux nerfs orné de filets dorés et de petits fers dorés à la fleur, initiales dorées en tête, p. de titre en maroquin vert. (N. Marlière).

armorial anglais 1586

Véritable vadémécum de diplomate prenant ses fonctions à Londres, vraisemblablement réalisé par un français, comme en témoignent les transcriptions très approximatives des noms de famille anglais, probablement destiné à Guillaume de l’Aubespine (1547-1629), baron de Châteauneuf, envoyé par Henri III comme ambassadeur en Angleterre auprès d’Elisabeth Ire en 1585, ou à un membre de sa suite. Guillaume de l’Aubespine restera en poste à Londres jusqu’en 1589 ; ses armes figurent en tête du recueil, plus grandes que les suivantes, légendées ainsi : « Ce sont les armoiries de Guillaume de lobespine, baron de Chasteaunoeuf en berri, conseiller du Roy et son Embassadeur pres la Reyne D’Angleterre en l’an 1586 ». Figure à ses côtés le blason de son épouse, Marie de la Châtre (1550-1626), demoiselle d’Honneur de Catherine de Médicis, légendé ainsi : « Les armes de Marie de la Chattre dame et baronne de Chasteaunoeuf miparties ». Suit l’année, « 1586 », puis 6 blasons couronnés non numérotés : « marquis de Winchestre (Winchester) de la maison de Panset (Paulet) », « conte darondel haward » (comte Howard d’Arundel), « conte doxford », « conte de Northethumberland » (Northtumberland), « conte de Shretosbery (Shrewsbury) talbot », « conte de kent graie » (Grey).

armorial anglais 1586

Les blasons suivants sont non couronnés et numérotés, parfois anarchiquement, ce qui laisse à penser que notre héraldiste a lui-même puisé dans un armorial déjà constitué ou fait référence à une liste préalablement établie, commettant quelques erreurs de copie qu’il a soigneusement raturées, et transcrivant toujours aussi approximativement les noms de familles anglais.

586 blasons sont numérotés, les 36 derniers ne le sont pas, vraisemblablement originaux. On relève, outre les blasons de la famille royale depuis Guillaume le conquérant (64) jusqu’à Henri VIII (422), père de la reine Elisabeth, ceux de « Milord Crownuwell » (Cromwell ?) (45), « Richard Plantaginet, conte de Cormewel (Plantagenet comte de Cornouaille) et Empereur elect[eur] » (230), « Thomas Howard conte de Surrey ducq de Norfolk » (423), « Sire Guilliaume Gorge » (467), différents seigneurs, tels « Me Dunston Walton » (592), « Me William Gardiner » (n.n.) ou « Me Eduart Barber » (n.n.), pour s’achever par les blasons du « Roy des Indes » et du « Roy de poulane » [sic]. A noter que le blason d’Henri III est laissé de gueule, ceux d’Henri VI (358) Edouard IV (390) et Me Stany (511), d’argent ; le n° 111 est resté anonyme.

 

De la bibliothèque de Aimé Leroy, avec son ex-libris jaune gravé par Burdet d’après J. Potier. Aimé Leroy, né et mort à Valenciennes (1793-1848), fut homme de lettres, avocat au barreau de Douai, et surtout bibliophile et conservateur de la bibliothèque de sa ville.

ex-libris Aimé Leroy

« Ma bibliothèque, écrivait-il au Dr LE GLAY de Lille, renferme 12.000 volumes. Je n’ai pas de catalogue. J’ai fait graver, pour être placée en tête de mes volumes de prédilection, une vignette dans laquelle on voit un homme livré à l’étude, parmi des livres et des chartes. Au haut, on lit : Aimé LEROY ; au bas, Valenciennes et, vers le milieu, dans un petit écusson, cette devise : Mes livres font ma joie. C’est qu’en effet on est bien heureux avec des livres, ou plutôt on est bien moins malheureux. » Aimé Leroy est aussi connu par les bibliophiles pour avoir fait relié un exemplaire des Géorgiques de Virgile avec la peau de son traducteur, l’abbé Delille, qu’il avait prélevée sur son corps lors de son embaumement. (Voir l’art. de René Paillot : Un Bibliophile du Nord, Aimé Leroy (1793-1848), in Bulletin des séances de la Société des sciences, de l’agriculture & des arts de Lille, années 1927-1928, Lille, Imprimerie L. Danel, 1929). Initiales « M. S. » [Manu Scriptus ?] en tête du dos de la reliure.

Mors fragiles, frottement à la reliure et aux coins. Petit cerne en-tête de 3 feuillets sans atteinte aux blasons, petites traces de gouttes [?] en marge inférieure du dernier feuillet sans atteinte aux blasons ni à leurs légendes. Exceptionnel de fraicheur.

Rare et précieux témoignage sur la cour d’Elisabeth Ire.

6 000 €