Sonnet de Courval. Violente satire contre les alchimistes et charlatans de tout poil.

Sonnet de Courval

 

Sonnet de Courval

Sonnet de CourvalThomas Sonnet de Courval. Satyre contre les Charlatans, et pseudomédecins Empyriques. En laquelle sont amplement descouvertes les ruses & tromperies de tous les Theriacleurs, Alchimistes, Chimistes, Paracelcistes, Distillateurs, Extracteurs de Quintescences, Fondeurs d’or potable, Maistres de l’Elixir, & telle pernicieuse engeance d’imposteurs. En laquelle d’ailleurs sont réfutées les erreurs, abus & impiétez des Iatromages, ou Médecins Magiciens, qui usent de charmes, billets, parolles, charactères, invocations de Démons, & autres détestables & diaboliques remèdes, en la cure des maladies. Paris, chez Jean Milot, 1610. In-8° du titre, [8] pp. de dédicace, [7] pp. d’avis au lecteur, [8] pp. d’odes, stances, satires et sonnets, [1] p. de privilège, 335 pp. de texte. Portrait du dédicataire de l’ouvrage et de l’auteur gravé par Léonard Gaultier, bandeaux, lettres ornées. Veau havane du temps, dos à 5 nerfs orné, pièce de titre en maroquin fauve, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges.        

Édition originale rare, bien complète du portrait gravé de l’auteur, « fort beau » d’après Caillet ; portrait qui manque souvent.

Sonnet de Courval

Thomas Sonnet de Courval (Vire, 1577-Paris, 1627), docteur en médecine, livre un pamphlet contre les alchimistes adeptes de Paracelse et les charlatans de tout genre.

Cette satire renferme une foule de détails singuliers.

L’auteur débute par une analyse anatomique des diverses parties du corps humain ; après quoi il attaque vivement les charlatans, démasque leurs ruses et tromperies et déclare qu’il faut les exiler et bannir à perpétuité. Puis l’auteur met en garde contre l’usage extrêmement dangereux de l’antimoine.

La seconde partie est consacrée aux médecins spagyriques et autres alchimistes. L’auteur démontre l’impuissance des adeptes du grand œuvre, les dangers de leurs remèdes chimiques, et il conclut en disant « qu’ils devroient estre bruslés et enfumés, ainsi que renards dans leurs tanières, ou bouillis avec leurs huiles distillées, comme on fait les choux en Dauphiné ».

Dans la troisième partie, Courval combat les pratiques des iatromages, tout en croyant à leur efficacité. Il cite plusieurs cures merveilleuses opérées par ce moyen, diaboliques à ses yeux. Aussi, dévoue-t-il, sans miséricorde, ces iatromages aux supplices, aux cachots, aux fers, aux roues, aux gibets, aux flammes. Lui qui fait une si rude guerre aux charlatans et aux pseudo médecins, termine cependant son ouvrage par une liste fort étendue de remèdes étranges. Il vante les propriétés de la pierre sélénite, du jaspe, du cœur de l’hirondelle. « Un canard appliqué tout vif sur le ventre, apaise les coliques ; une araignée vive, enclose dans une coquille de noix et portée au col, guérit de la fièvre quarte ; les yeux d’une grenouille vive, suspendus au col, guérissent la fièvre tierce ; la dent d’une taupe, par le seul toucher, guérit le mal de dents, etc, etc. »

La dédicace est adressée à Nicolas de Pelvé, comte de Flers, illustrée par son portrait gravé.

Nicolas de Pelvé, comte de Flers

Parmi les poésies en tête de l’ouvrage, on trouve les signatures d’Angot l’Esperoniere, du médecin Jacques du Crioult et de J. Tournet, avocat au Parlement.

Caillet, n° 10266 ; Dorbon, n° 4622 ; Bulletin du bibliophile, Techener, Juillet-Août 1861, volume XXVI, n° 194, pp. 479-481.

Discrètes restaurations aux coins et aux coiffes ; renfort à la garde blanche supérieure, mouillure en tête du 1er cahier sans atteinte au texte, rogné court en tête sans atteinte au titre courant.

Rare édition.

2 500 €