Auguste Bartholdi s’inquiète du piédestal de son Lion place Denfert Rochereau à Paris

Bartholdi Denfert

 

Auguste Bartholdi (1834-1905), sculpteur. Lettre autographe signée, 1er mars 1880, à « mon cher ami ». 1 page et demi in-8° à son chiffre.

Sur sa réplique de sa célèbre sculpture du Lion de Belfort place Denfert-Rochereau à Paris.

Bartholdi Denfert

Bartholdi Denfert

« Mon cher ami,

avec Messieurs Mesureur et Monduit je vais faire préparer le piédestal du Lion. Avant de s’engager avec moi dans ces frais, ils aimeraient bien avoir la certitude que le Lion sera exposé dans les conditions décoratives dont nous avons parlé, et ils croient qu’il faut une acceptation de l’administration.

S’il y a lieu je vous adresserai ma demande officiellement. Envoyez-moi, je vous prie, votre réponse à ce sujet ; je pense qu’on vous aura remis la photographie et la notice que vous m’aviez demandée.

Veuillez agréer toutes les amitiés de votre bien dévoué et chaleureux collaborateur.

A. Bartholdi »

Les ateliers Monduit et Mesureur, spécialisés dans la réalisation d’ornement en fonte, fer et plomb, participaient à de grands chantiers parisiens et de restauration. Bartholdi fera appel à eux pour la statue de la Liberté à New York en 1886. 

La sculpture est une réplique en cuivre martelé, réduite au tiers de sa taille initiale, de son Lion de Belfort (taillé dans la roche à Belfort), soit une hauteur de 4 m pour une longueur de 7 m. Elle symbolise la résistance du colonel Aristide Denfert-Rochereau durant le siège de la place forte de Belfort pendant la guerre franco-allemande de 1870. Lors du salon de sculpture de 1878 à Paris, Bartholdi expose hors concours un modèle en plâtre reproduisant le lion au tiers de sa taille définitive. Le conseil municipal parisien l’acquiert en 1880 pour la somme de 20 000 francs et souhaite l’installer aux Buttes-Chaumont, mais la pétition des habitants du 14e arrondissement — qui souhaitent en faire un symbole fort de Paris — décide de sa place définitive, place Denfert-Rochereau.

Bartholdi Denfert

Le monument fut bien inauguré en 1880. « Nous n’avons pas de plus noble monument que le lion. C’est notre fétiche et comme un emblème de virilité pour les habitants des alentours. » (H. Calet, Le Tout sur le tout, chapitre XXVII).

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