Le livret d’Ouvrier de Charles Bozonnet, potier évoqué longuement par Alexandre Dumas dans ses « Causeries », lors de son passage à Bourg-en-Bresse.

Bozonnet

 

[Charles Bozonnet]. Livret d’Ouvrier-Compagnon, etc. Département de l’Ain. Arrondissement de « Bourg ». Commune de « Bourg ». Bourg, Bottier, 1825. Petit-in-4° de 8 pages imprimées suivies de 16 feuillets non chiffrés manuscrits avec cachets (2 feuillets sont restés vierges). Vélin ivoire muet de l’époque.

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Livret dont les ouvriers travaillant en qualité de Compagnons ou Garçons devaient être pourvus, conformément à la Loi du 1er décembre 1803.

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Celui-ci est délivré à Charles Bozonnet, potier-tourneur, âgé de 17 ans ½, travaillant chez Mr Girard, faïencier. Avec les attestations de ses différents maitres : Michel Bozonnet, son père, potier, et Giraud à Bourg, 1829-1830, à Saint-Jean-des-Vignes, près de Châlons-sur-Saône, en 1831, Compte, à Cosme, 5 juin 1832, de nouveau auprès de son père en 1833-1834, de nouveau chez Compte en 1835, puis Capedanier, « fabricant de fayence à Ivry près de Paris », 1835-1836.

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Plusieurs pages réservées aux sommes reçues suivent, dont une biffée, notamment en 1838,

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d’autres, à ses voitures de terre, comptes et notes diverses, dont la recette du « Jaune » : « 20 livre alquifoux, 4 livre d’ocre moitié rouge et moitié jaune, 2 onces antimoine, 3 livre terre choisy ».  L’alquifoux est du sulfure de plomb naturel, utilisé en poterie pour faire à l’extérieur de la pièce traitée un verni imperméabilisant — la couverte — à l’aspect vitreux.

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Charles Bozonnet est cité par Alexandre Dumas, dans son ouvrage autobiographique intitulé Causeries, publié en 1857, chapitre VIII : « Une fabrique de vases étrusques à Bourg-en-Bresse ». De passage dans cette ville, écrit Dumas, il rencontre Bozonnet, potier qui moulait des vases étrusques, « des pots d’une couleur charmante et d’une forme parfaite », cette vocation lui était venue à la lecture d’Ascanio, inspiré par Benvenuto Cellini et par les vases du musée de Besançon.  Dumas lui commanda « trois pots de la forme la plus pure que put me fournir ma mémoire […]  Un mois après, j’avais mes trois vases, plus une carafe, un verre, un crapaud, et une couleuvre par-dessus le marché. Le cadeau accompagnait la commande. Maintenant, chers lecteurs, les vases sont fort beaux en réalité, d’une coupe rave et antique ; si bien que tous ceux qui les voient dans mon atelier, me demandent à quel musée je les ai achetés, et le prix qu’ils n’ont coûté. Ce à quoi je réponds : Je les ai achetés au musée de Charles Bozonnet, rue Saint-Nicolas, n° 84, à Bourg en Bresse, et ils m’ont coûté quinze francs. »

Cerne brun, une petite découpe en marge inférieure d’un feuillet, une page semble avoir été arrachée.

Précieux livret d’apprentissage.

1 500€