Faux Almanach recelant un crucifix, dévotion clandestine sous la Révolution

Faux Almanach, reliure seule, dissimulant un crucifix clandestin dans une boîte collée au dos et au contre-plat inférieur, montage datant  vraisemblablement  de l’époque révolutionnaire. 10,6 x 5,5 cm. Maroquin rouge de l’époque, dos long orné de filets, fers et roulettes dorés formant des motifs rectangulaires avec un point central, large encadrement sur les plats constitués d’une succession de 10 filets et roulettes dorés, avec, au centre, un fer à la grenade dans un médaillon ovale suspendu par un nœud et soutenu par deux rameaux de grenadier, avec des petits fers dorés en écoinçons, roulette dorée sur les coupes et sur les chasses, contre-garde en papier doré d’Augsbourg  à riches motifs floraux oranges.

Le crucifix, au centre d’une boite en balsa, est constitué d’un Christ en gloire en cire polychrome (2,7 x 2,7 cm), sur une croix en balsa, délicatement orné d’un remarquable travail de paperolles dorées, le tout sur un tissu rouge Bourgogne ; la boite est protégée par un verre ancien bullé, les côtés, qui forment les tranches du livre, sont recouverts de papier vert sous or.                                             

Ce curieux objet de dévotion est soigneusement dissimulé dans une reliure raffinée et élégante d’un de ces almanachs que l’on offrait comme étrennes sous Louis XVI. La grenade figurée sur les plats, fleuron ornemental fréquemment utilisé à l’époque, représentait discrètement pour les chrétiens la communauté des croyants, symbole de Jésus. La déchristianisation organisée sous la Révolution française, au profit du culte de la Raison puis de l’Être suprême, rendait périlleuse la pratique religieuse. Les crucifix étaient abhorrés quand ils n’étaient pas détruits, leur possession rendant suspect, les royalistes associant le destin du Christ rédempteur mort sur la croix à celui de Louis XVI, roi-martyr exécuté sur l’échafaud.

Cet almanach, emblématique de l’Ancien-Régime, falsifié à des fins de pratiques religieuses clandestines, constitue ainsi un témoignage fort de l’attachement à la royauté et à l’église que son possesseur, femme ou homme de qualité, éprouvait, envers et contre tout, dans cette tragique époque.

Il s’en dégage d’autant plus d’émotion.   

Quelques rares  et très discrètes restaurations.

Très bel objet, de toute rareté.

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4 500 €