Série rare et inédite de clichés militaires pris à la libération de Colmar par la grande photographe allemande Germaine Krull, alors directrice du service photographique de la France libre.

 

[Photographies militaires]. Germaine Krull. Seconde Guerre mondiale. Campagne Rhin et Danube. Libération de l’Alsace et de Colmar. Le général de Lattre de Tassigny à Colmar. Vers le 13 février 1945. 13 épreuves d’époque, inédites. Format moyen : 9 x 12,5 cm.                                                                                                

La poche de Colmar fut réduite après de rudes combats entre la Première Armée française associée au XXIe corps U.S. et la XIXe Armée allemande. Les combats eurent lieu du 20 janvier au 9 février 1945 dans des conditions extrêmement difficiles liées à l’hiver, particulièrement rigoureux cette année-là, et au terrain qui n’offrit pratiquement aucune couverture naturelle aux assaillants alliés. La libération de Colmar eut lieu le 2 février, et fut célébrée par une prise d’armes place Rapp, comme en témoignent les clichés de Germaine Krull :

9 photos du général de Lattre de Tassigny accompagné du général Valluy, des généraux américains Milburn et O’Daniel, du préfet Fonlupt-Esperaber, du maire Edouard Richard et d’alsaciennes en costume (4 photos portent au dos une légende manuscrite, le n° 00833 tamponné, le tampon « Copyright Germaine Krull », et le tampon d’autorisation de publier apposé et signé par le chef de la censure militaire américaine, daté du 13 février 1945).  

3 photos du défilé de chars : une vue d’ensemble des chars avant le défilé, un char américain défilant avec porte-drapeau français, et un char défilant avec un officier supérieur [Schlesser ?] et ses officiers d’état-major (toutes les photos portent au dos la légende « Colmar » manuscrite, le n° 00833 tamponné, le tampon « Copyright Germaine Krull », et le tampon d’autorisation de publier apposé et signé par le chef de la censure militaire américaine, daté du 13 février 1945). 

1 photo de soldats américains avec une jeep en fond, porte au dos la légende manuscrite « Le dernier village d’Alsace libéré », le n° 00833 tamponné, le tampon « Copyright Germaine Krull », et le tampon d’autorisation de publier apposé et signé par le chef de la censure militaire américaine, daté du 13 février 1945.

Sur la même place, le 10 février, le Général De Gaulle décorait les généraux de Lattre de Tassigny, Milburn, O’Daniel, Leclerc et Valluy, libérateurs de Colmar. Le 20 février, sur le Champ de Mars, français et américains seront rassemblés pour une prise d’armes qui témoignera d’une fraternité d’armes unique dans le déroulement de la guerre et de la ferveur des Alsaciens libérés.

 

G. Krull. Libération de Colmar. 1945.

Germaine Krull (1897-1985), photographe allemande. Fuyant le nazisme, elle avait quitté la France en 1940 où elle demeurait depuis 1925 pour les États-Unis, puis avait rejoint Brazzaville au Congo où elle dirigea le service de propagande de la France libre. Après un passage à Alger, elle accompagne le 6e Army Group lors du débarquement des Alliés en Provence en août 1944, puis la 1ère armée française jusqu’à la fin de la guerre. Ses photos paraitront dans l’ouvrage La Bataille d’Alsace, accompagnées d’un texte de Roger Vailland. Les nôtres n’y figurent pas.

En 1927, elle fut l’une des principales représentante de la Nouvelle Vision avec la publication – par la Libraire des arts décoratifs – d’un recueil de photographies modernistes intitulé Métal. Désormais soutenue par des artistes comme Robert et Sonia Delaunay, la carrière de photographe de Germaine Krull est lancée. Elle participe au Salon de l’escalier à Paris, Fotografie der Gegenwart à Essen, Film und Foto à Stuttgart en 1929, Das Lichtbild à Munich en 1930, ainsi qu’à l’Exposition internationale de la photographie à Bruxelles en 1932. Ses photographies sont publiées dans tous les magazines, de Vu ou Marianne, et dans des publications d’avant-garde comme Bifur ou Variétés. Pierre Mac Orlan lui consacre même le premier volume de la collection Les Photographes nouveaux, publiée aux éditions Gallimard en 1931.

On la retrouve ensuite à Bangkok, où elle collabore à une agence photographique. En 1967, André Malraux la sollicite pour illustrer un ouvrage sur l’art bouddhique; une exposition de ses photographies de Thaïlande est organisée à la Cinémathèque. Elle publia par la suite de nombreux recueils de photographies avec des textes de Jean Cocteau, Paul Morand, Georges Simenon et André Suarès.

Plusieurs expositions lui ont été consacrées : Rheinisches Landesmuseum, Bonn en 1977, Christian Bouqueret, musée Réattu, Arles en 1988, ainsi que la rétrospective de 1999, montée à partir de ses archives déposées au Folkwang Museum d’Essen (présentée à Munich, San Francisco, Rotterdam, Paris) et enfin Germaine Krull (1897-1985) Un destin de photographe, Musée du Jeu de Paume, Paris, 2 juin-27 septembre 2015.

 

Pierre Mac Orlan, Germaine Krull, Paris, Gallimard, 1931 ; Germaine Krull, publication de la Cinémathèque Française, 1967 ; Christian Bouqueret, Germaine Krull. Photographies 1924-1936, catalogue d’expositon, Musée Réattu, Arles, 1988 ; Elvire Perego, Germaine Krull, in Beaux-arts magazine n° 68, mai 1989, p. 108 ; Kim Sichel, Germaine Krull. Photographer of modernity (cat. exp.), Cambridge (Mass.), The MIT Press, l999 ; Germaine Krull et les avant-gardes, colloque Université de Floride, mai 2010.

Quelques insolations et accidents en marge sans gravité. Rare série.

950 €