« L’Occupant » de Léon Husson, enrichi de 6 dessins originaux

Husson

 

Léon Husson [- Sacha Simon]. L’Occupant. Nancy, imprimerie Victor Idoux, novembre 1946. In-folio de 2 ff. blancs, 64 ff. non chiffrés. 59 dessins lithographiés de Léon Husson, préface de Sacha Simon. Chagrin maroquiné vert, dos long (insolé), titre doré, plats biseautés, plat supérieur mosaïqué reprenant l’illustration en 1ère de couverture montrant un soldat de la Wehrmacht doré projetant son ombre noire, filet doré sur les coupes, filets dorés gras et maigres sur les chasses, doublures et gardes moirées vertes, double garde, tête dorée, étui bordé de maroquin vert, couverture et dos conservés.

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Tirage limité à 200 exemplaires dont 50 grand luxe aquarellés par Léon Husson, avec une suite de lithographies en noir, numérotés de 1 à 50, celui-ci marqué étrangement « A », alors que la justification indique 30 hors commerce seulement « en noir », donc non aquarellés, marqués A à D.

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L’exemplaire est enrichi de 5 portraits originaux au crayon ayant servi à l’impression, présentant quelques variantes : II, Johann Bachner, légendé et daté 1942 (lithographié 1943, avec seulement le nom en légende) ; VII, Ulbert Breitenacher ; X, Victor Schnitzer, légendé « Pour la planche X de  » L’Occupant  » (Type d’Allemand de la Gestapo) » (avec seulement le nom en légende) ; XVIII, Ernst Kupfer ; XXIV, Eduard Bauer. 

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Avec un dessin original à l’encre noire signé et daté 1945, sur feuillet libre, légendé au crayon « Germania !.. voila où t’a conduit l’Homme de « Mein Kampf » ».

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« Husson est un caricaturiste, précise Sacha Simon, grand reporter de L’Est Républicain. Il saisit sur le vif, et chaque fois avec un bonheur égal, le trait saillant de sa victime. Il est ironique, bon prince, féroce parfois, jamais quelconque. Tous ses personnages sont hurlants de vérité. A chaque page, je retrouve l’Allemand tel que je l’ai connu, inconscient, fat, se laissant facilement berner, indifféremment (comme sur commande), sentimental ou inhumain.[…] Grâce à cet album, j’aurais enfin su de façon précise ce que fut l’occupation : Nous avons été, vous les civils, nous les prisonniers, gardés de la même façon, par les mêmes personnages, qui ne sont plus désormais – et pour toujours espérons-le – que des fantôches tragiques et burlesques fixés avec talent sur le papier par le  » Hansi  » de la Lorraine ».

Pierre-Olivier Lapie, député socialiste de Nancy de 1945 à 1958, estima pour sa part que « rien de plus symbolique du refus des horreurs à l’oppressions nazie que ces quelques pages d’Album. Avec une ironie cinglante, Husson fouette le vainqueur braillard, l’occupant sinistre, le vaincu pillard. Son trait de plume est acéré, tous les coups portent, et l’on ferme le livre avec la volonté d’écarter de l’avenir de la France, l’atroce et grotesque fléau. »

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Les dessins, des années 1943-1944, présentent 3 portraits et 28 figures et scènes de la victoire allemande à la capitulation. Chacun des 28 Allemands caricaturés est affublé d’un nom avec une mise en situation légendée en regard : Fritz Welzer qui reçoit une fiente sur son casque, puis se fait uriner dessus par un chien, s’exclame : « Ces sales Franzos’ se payent notre tête ! ». Otto Krauss, vautré dans son fauteuil, dégustant un havane, déclare cyniquement à une dame de qualité : « La qualité de votre cave, Madame ! ne me permet pas, de vous rendre l’appartement ». Hugo Berenbock assistant à l’exécution d’un résistant, s’exclamant : « Ya ! dans un instant, une parcelle « d’espace vital » de plus, pour nous ». Enfin, Erich Meffer, déchiqueté par une balle reçue dans les tripes, se voit affublé de la légende ironique « …à la mode de Caen », sans parler des massacres, tortures et pillages.

Léon Husson, né en 1898 à Circourt sur Mouzon (88) et mort en 1983 à Laxou (54), peintre, aquarelliste et graveur, incorporé comme soldat en 1917 peignit la vie des tranchées et ses camarades. En 1923, il entre chez Art et Publicité dirigé par Victor Idoux (1888-1945) comme dessinateur publicitaire. Il collabore également comme illustrateur à des journaux et des revues, ainsi qu’à des ouvrages sur la Lorraine. II décorera également la piscine Nancy-Thermal – aujourd’hui disparue – ainsi que des panneaux illustrant les différents métiers caractérisant la Lorraine pour le stand de la région, à l’Exposition coloniale de 1931.  

Le musée des Invalides, spécialisé dans l’illustration des deux guerres, a de lui quatre œuvres : L’attaque à la grenade (1945), Les prisonniers de la bataille de Metz (1944) qui fut exposé au Salon des Armées en 1951, un lavis de 1940 représentant L’exode et une gouache de la même date réalisée dans un camp de prisonniers.

L’exemplaire de Henri Marchal, beau-frère de l’auteur, avec envoi de ce dernier « A mon Beau-Frère Henri Marchal avec mon meilleur souvenir. H. Husson. Nancy, 11 mars 1947 », et son ex-libris gravé en bleu à la croix de Lorraine et à la Légion d’Honneur sur fonds de déportation avec son numéro de déporté.

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Henri Marchal

Exceptionnel exemplaire.

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2 800 €