Reims en 1915, bombardée et défendue. Reliques de la « cathédrale martyre ».

 

Précieux ensemble provenant de René Thorel (1877-1916), capitaine au 347e Régiment d’Infanterie, 24e Compagnie, tombé au champ d’Honneur le 8 juin 1916 à Fleury-sous-Thiaumont (Verdun). Journaliste, chroniqueur, auteur de contes, il figure parmi les 560 écrivains morts pour la France dont le nom est gravé sur un des panneaux de la nef du Panthéon.                                                                                                                           

Reliques de la cathédrale de Reims    

  • Un fragment de plomb fondu, provenant de la toiture de la cathédrale de Reims. Avec papier de provenance (Huart : gardien de la cathédrale). Longueur : 16 cm
  • ● Un fragment de pierre de la cathédrale ramassé par Thorel le 10 septembre 1915.
  • ●● 18 fragments de vitraux provenant de la cathédrale de Reims, du bombardement de Saint-Rémy le 19 septembre 1915, donnés au Capitaine Thorel le 31 octobre 1915 par M. Huart, gardien de la cathédrale.
  • ●●● Avec une baïonnette lebel réalisée par le soldat Blard, des convois autos [canons ?], coupe-papier fait avec l’aluminium du Zeppelin LZ77 abattu à Revigny, tombé à Brabant-le-Roy le 21 février 1916. Longueur : 6,5 cm.

 

Avec son émouvant album personnel : le 347e Régiment d’Infanterie dans Reims bombardé (1915). 98 photographies format carte de visite, la plupart légendées, présentant la vie du régiment, les différentes manœuvres ainsi que des vues des tranchées, de la cathédrale et de la ville bombardées. Album oblong (20 x 24 cm) toilé vert. Précieux témoignage.

René Thorel évoque le martyre de la cathédrale dans ces lignes datées de Reims, 29 janvier 1915 : « la dentelle de pierre des siècles passés est devenue si légère, si légère, qu’il semble qu’un souffle achèverait de démolir ce qui reste de la Cathédrale où Jehanne la Pucelle fit sacrer son roy ! Les pierres sont brûlées, les flammes de la nuit fameuse du bombardement (19 septembre 1914) ont léché les statues saintes et, parmi les corps sans tête et sans bras, un Christ pourtant est resté en Croix. […] La toiture de la Cathédrale est brûlée et, certes, le désastre est complet. Malgré tout, le crime n’a pas été consommé en entier, car les hautes tours se dressent encore dans le ciel bleu, victorieuses. Les pierres, toutes roussies, sont encore rendues plus belles par le sacrilège commis. Elles parlent toujours du Passé et rediront aux générations futures ce qu’il fut. » (René Thorel, Souvenirs de guerre, Paris, L. Fournier, 1918, pp. 67-68).

Exceptionnel ensemble.

3 000 €