L’un des plus beaux poèmes d’Eluard, chant d’amour, d’espoir et de fraternité

 

Paul Eluard (1895-1952). Bonne Justice. Poème-calligramme autographe signé en son centre, sans lieu ni date [vers 1949]. 1 page, cercle de 23,7 cm de diamètre.

Eluard. Bonne Justice. Calligramme autographe signé.

Émouvant poème, le dernier du recueil Pouvoir tout dire paru chez Gallimard en 1951, l’année précédant la disparition du poète. Il avait été publié auparavant dans l’Almanach ouvrier-paysan de 1950 (automne 1949), pp. 94-95, portant la mention « Poème inédit » et illustré d’un dessin d’Edouard Pignon ; voir également L. Parrot, Paul Eluard, 1953, p. 195.

Eluard, après le décès subit de Nusch en 1946, venait de rencontrer Dominique Lemort qu’il épousera en 1951, et participait à de nombreux congrès pour la paix (Pologne, Paris, Mexico). Le poème traduit son état d’âme : à sa confiance en l’homme, à l’évocation de l’amour, de l’espoir et de la fraternité, répond la forme circulaire du calligramme, harmonieux cycle de la vie dans son unité et sa renaissance.

Son ami Picasso illustra magnifiquement Bonne Justice dans les années 60.

 

C’est la chaude loi des hommes

Du raisin ils font du vin

Du charbon ils font du feu

Des baisers ils font des hommes

 

C’est la dure loi des hommes

Se garder intact malgré

Les guerres et la misère

Malgré les dangers de mort

 

C’est la douce loi des hommes

De changer l’eau en lumière

Le rêve en réalité

Et les ennemis en frères

 

Une loi vieille et nouvelle

Qui va se perfectionnant

Du fond du cœur de l’enfant

Jusqu’à la raison suprême.

 

Cercle extérieur tracé au crayon, quelques rousseurs, pièce de papier collée au dos avec trace de collage.

Document exceptionnel.

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