Albert Racinet (1825-1893), illustrateur, peintre et auteur d’ouvrages portant sur les costumes et ornements. Ensemble de planches prĂ©paratoires Ă la publication de l’ouvrage Le Costume historique paru en 1876 chez Firmin-Didot. 7 dessins lĂ©gendĂ©s au crayon, encre et aquarelle rehaussĂ©e Ă l’or, sur papier fin de diffĂ©rents formats, accompagnĂ©s de textes explicatifs autographes, le tout contrecollĂ© sur 8 planches grand in-4° de papier cartonnĂ© (38 x 26,5 cm).
L’ouvrage, publié en 6 volumes, rassemblait près de 500 planches de costumes, dessinées par Albert Racinet et reproduites en lithographie. Le « plus important recueil général concernant le costume », précise Colas. Les dessins et les textes ont été contrecollés afin de les préserver, les feuilles étant d’une grande finesse et donc d’une extrême fragilité.
Précieux documents préparatoires.
4 dessins figurent lithographiés dans l’ouvrage imprimé, avec des variantes textuelles.
« Commencement du XIVe siècle, règne de Philippe de Valois». (Dim : 20,2 x 10,9 cm). Reproduit tome IV, « Europe-Moyen-Age », n° 23, « Temps de Philippe de Valois (1328-1350) ». Avec titre et texte explicatif, celui-ci modifié et augmenté dans la version imprimée.
Tome II : Océanie.
N° 3, [chef papou avec son « casse-tête, insigne du chef »]. (Dim. : 21,1 x 14,8 cm).
N° 9, « Archipel des îles Salomon, île de san-Cristoval » [aujourd’hui île de Makira]. (Dim. : 22,4 x 16,2 cm).
Avec texte explicatif, apportant au passage des précisions sur la fabrication et le mode de consommation du bétel ainsi que sur la confection des flèches empoisonnées.
[Petits accidents en tête des trois premières lignes] : « […] sa figure est tatouée au moyen d’incisions fait dans la peau et qui plusieurs fois répétées, y ont laissé des cicatrices. Sa chevelure, très fournie et teinte en roux à la chaux, et ornée d’un diadème d’ovules blanches, d’un peigne surmonté de plumes de perroques [sic] et de deux glands rouges. Un hausse-col en cacre [i.e. nacre] un collier de dents humaines, des boucles d’oreilles, un pagne remarquable et des bracelets de rondelles découpées dans des coquilles, ce qui indique une somme de travail considérable, forment sa parure. Il porte suspendu au côté et engagé dans un lien, des anneaux de coquilles, monnaie du pays. A côté se trouvent la boîte à bétel et ses accessoires, la gourde et l’aiguille à chaux. Le bétel est une substance enivrante se composant d’un mélange de poudre de noix d’arec, de poivre et de chaux. Pour s’en servir, le naturel fait une boulette qu’il place dans le coin de la bouche et qu’il mâche à loisir ; pour en raviver l’effet, il mouille l’aiguille avec de la salive, la trempe dans la gourde à chaux et met dans la bouche des parcelles qui s’y trouvent adhérentes.
Les naturels des îles Salomon sont ornés de flèches et d’arcs. Notons en passant que les archipels où l’on se sert de ces engins forment une bande qui s’étend de la Nouvelle Guinée aux îles Viti [Fidji] ; les Polynésiens, ainsi que les habitants de l’Australie et de la Nouvelle-Calédonie ne s’en servent pas.
Les flèches que nous prĂ©sentons sont d’un remarquable travail ; elles se composent d’une hampe en rĂ©seau dans laquelle un dard en bois habilement barbelĂ© s’engage par la pointe infĂ©rieure (nous plaçons deux de ces dards sur le socle) les flèches sont souvent terminĂ©es par un os taillĂ© en pointe, ornementĂ© et empoisonnĂ© ; pour cette dernière opĂ©ration, on trempe, dit-on, ce dard dans un corps en putrĂ©faction (c’est la piqĂ»re anatomique), souvent aussi dans un jus de plantes vĂ©nĂ©neuses. La corde de l’arc est faite avec uçne liane. Un casse-tĂŞte est placĂ© dans la main gauche ; on remarquera les belles courbes de cette pièce de choix. (Nous devons ces renseignements Ă la bienveillance de M. le docteur Hamy, dont les conseils nous ont Ă©tĂ© fort prĂ©cieux). » [Ernest Hamy (1842-1908) anthropologue et ethnologue français, fondateur du musĂ©e d’Ethnographie du TrocadĂ©ro en 1878.]
N° 15. « Papous ». (Dim. : 21,9 x 11 cm).
Avec titre et texte explicatif : « Dans les îles qui entourent la Nouvelle-Guinée et sur quelques points de ce continent, habitent des naturels qui ont acquis un certain degré de civilisation. Le n° 29 [n° 15 de l’impression] présente un de ces types. Il est habillé d’un sac ouvert en haut pour le passage des bras et de la tête, qui parait être et avoir été le vêtement des peuples primitifs. Ce vêtement porte une curieuse hémisphérique fait en feuilles de vaquois [i.e. vacoa], également brodé ombrage la tête. L’armement se compose d’un sabre de facture singulière, d’une longue lance en fer et d’un bouclier orné de fragments d’ovules blanches ». [Petite déchirure restaurée].
3 dessins n’ont pas été retenus :
« Mexique (guerillero)». (Dim : 21,2 x 14,3 cm).
Avec titre et texte explicatif : « [manque le début] [le costume] se compose d’une veste et d’un pantalon en cuir souple de couleur rousse, fendu sur les côtés et attaché de proche en proche par de petits boutons pourvus d’une chaînette et d’un Ԏ que l’on engage dans les deux boutonnières opposées. Le bas des jambes reste généralement déboutonné, laissant voir des jambières en cuir ornementé. Un grand chapeau en feutre couvre la tête, orné d’une torsade nommé toquilla. Sur les épaules flotte une grande pièce d’étoffe tissée d’une manière remarquable, presque imperméable à l’eau et nommé zarape. Les Mexicains sont très habiles à lancer le lasso, qui se compose d’une corde, assouplie par des manipulations particulières ; le lasso est attaché par une de ses extrémités à la selle, et se termine à l’autre bout par un nœud coulant. Notre Mexicain porte un beaux sabre dont la garde est recouverte de velour brodé, une cartouchière, un fusil à piston, enfin un bracelet à capsules placé sur le bras gauche. Le cuir reçois dans ce pays une ornementation très-riche, au moyen de ciselures et de repousses habilement pratiqués ; les selles que possède notre [mot illisible] en donnent un exemple. »
Esquimau. (Dim : 17,9 x 13, 8 cm).
Avec titre et texte explicatif apportant au passage des précisions sur la pêche au harpon et les raquettes à neige [très léger manque sans gravité au coin supérieur droit] : « si nous remontons à l’extrême nord, nous trouvons les Esquimaux et nous présentons deux types. Ces populations habitent les bords de la mer ou les rives des grands lacs de l’Amérique septentrionale. Elle sont peu guerrières, et se livrent presque exclusivement à la pèche. D’ailleurs les engins qu’elles emploient contre les grands poissons sont aussi ceux dont elles se servent pour le combat. Le n° 52 est vêtu d’une veste et d’une culotte en peau de phoque, sur lesquels s’adapte un capuchon en peau de renard entourant la tête, et d’une sorte de couvre-cuisses en peau d’ours blanc. Des bottes et des mitons en peau de loutre complètent le costume. La main droit tient une lance-harpon, composée d’une hampe en bois, sur laquelle est engagée par la pointe inférieure un dard en os barbelé ; une lanière en cuir fixée au dard s’enroule ensuite sur la hampe, à laquelle elle est également attachée. Par cette disposition, lorsque le poisson est atteint, le dard quitte son alvéole, la lanière se déroule, et la hampe en surnageant indique la marche de l’animal sous l’eau. La main gauche de notre Esquimau s’appuie sur les raquettes, sorte de patins, qui lui permettent de se mouvoir sur une couche de neige fraichement tombée sans s’y enfoncer.»
Esquimaux des îles Aléoutiennes. (Dim : 21,9 x 13,9 cm).
Avec texte explicatif : « [manque le début]. Il porte sur son costume, fait en peau de phoque, une longue tunique en peau de phoque, une longue tunique très-résistante en intestin de poisson. C’est un vêtement qui le garantit de la pluie et de la neige. Une visière ornée de perles et de barbes de phoque lui garantit les yeux. Il a un carquois d’arc et de flèches également fait en peau de poisson. Il porte deux javelots en os à dards barbelés, ainsi que deux flèches, l’une terminée par une pointe en basalte, l’autre par un os dans lequel est engagée une autre pointe en basalte.»
2 800 €











